Voir l’invisible – partie 1

 

2 Corinthiens 4 : 16/18 5 : 1/5

« C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et lors même que notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire, parce que nous regardons, non point aux choses visibles, mais à celles qui sont invisibles ; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles.

Nous savons, en effet, que, si cette tente où nous habitons sur la terre est détruite, nous avons dans le ciel un édifice qui est l’ouvrage de Dieu, une demeure éternelle qui n’a pas été faite de main d’homme. Aussi nous gémissons dans cette tente, désirant revêtir notre domicile céleste, si du moins nous sommes trouvés vêtus et non pas nus.

Car tandis que nous sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons, non pas nous dépouiller, mais nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit englouti par la vie. Et celui qui nous a formés pour cela, c’est Dieu, qui nous a donné les arrhes de l’Esprit. »

Notre attention se portera aujourd’hui sur ce que l’apôtre Paul déclare dans ce texte, à savoir qu’il est possible aux chrétiens de voir l’invisible. Il ne s’agit pas bien entendu de voir des choses imaginaires ou virtuelles, mais de voir des réalités spirituelles qui ne sont pas perceptibles à nos cinq sens, mais bien réelles aux yeux de notre esprit. C’est pourquoi le verbe regarder (skopeo en grec) signifie littéralement : scruter, observer, fixer quelque chose « de réel » avec les yeux de l’esprit.

En fait, ce que Paul nous explique ici, nous l’expérimentons tous les jours, sans même nous en rendre compte. En effet, quand nous lisons un passage biblique, nous ne faisons pas seulement pénétrer dans notre esprit une lecture, une instruction ou une connaissance, mais aussi des images mentales très claires. Ainsi, nous pouvons voir mentalement Jésus changer l’eau en vin, multiplier les pains et les poissons, marcher sur l’eau, guérir les malades, chasser les démons, ressusciter les morts, poser ses mains sur les enfants pour les bénir, sortir vainqueur du tombeau, monter au ciel ou nous accueillir dans la gloire…

En fait, quand Dieu nous dit quelque chose par la Bible, la parole qu’il proclame est comparable à une vision : « Daniel fut attentif à cette parole, et il eut l’intelligence de cette vision ». Daniel 9 : 23 10 : 1

Tel Père, tel fils (ou fille)

Avoir la faculté de voir l’invisible ne doit pas nous surprendre, car nous avons été créés à l’image de Dieu. Notre Père céleste n’a pas seulement doté notre âme d’un esprit, d’une intelligence, de sentiments, d’une mémoire, d’une conscience, d’une volonté, mais aussi d’une imagination, capable de mettre des images sur nos pensées, nos projets et nos croyances.

Si l’imagination n’était pas une faculté importante, pourquoi Satan a-t-il conduit Eve à contempler le fruit de l’arbre défendu ? Mais l’ennemi de Dieu savait que si Eve regardait attentivement le fruit de cet arbre, des images mentales allaient naître en elle, amorçant la convoitise de la chair qui enfante le péché : « la femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea. Les yeux (spirituels) de l’un et l’autre s’ouvrirent… » Genèse 3 : 6/7 Jacques 1 : 13/15

Il y a malheureusement dans le monde chrétien, à cause de certaines dérives et de faux enseignements, une méfiance quand on fait référence au pouvoir de l’imagination, dit Patrick Fontaine. Mais, ce n’est pas parce que certaines sectes ou religions païennes utilisent mal les yeux du cœur (cherchant à créer le bonheur, à produire la réussite matérielle ou à provoquer des guérisons miraculeuses), que nous devons rejeter en bloc ce qu’enseigne la Parole de Dieu sur la possibilité de voir l’invisible.

– Les prophètes de l’Ancien Testament, n’étaient-ils pas appelés couramment « des voyants », non pas des voyants au sens occulte du mot, c’est-à-dire des médiums (étant en relation avec des forces occultes), mais comme des êtres qui contemplaient avec les yeux de leur esprit des réalités spirituelles que les autres ne voyaient pas.

« Souvenons-nous de l’expérience de Guéhazi, serviteur du prophète Elisée, qui fut pris de panique en voyant (avec les yeux de sa chair) l’armée Syrienne entourant la maison du prophète. Mais Elisée, le prophète de Dieu, voyait une toute autre réalité avec les yeux de son cœur. Il fit donc cette prière à l’Eternel : «… ouvre les yeux de mon serviteur pour qu’il voie ce qui existe vraiment ». Et Guéhazi vit (avec les yeux de son esprit) l’armée de l’Eternel présente tout autour d’eux. Cette vision ne fut pas seulement une source de joie pour Guéhazi, mais de soutien spirituel. 2 Rois 6 : 15/17

Dans la Nouvelle Alliance, tous les chrétiens ont pour vocation d’être des prophètes/visionnaires, c’est-à-dire des porte-parole de Jésus, annonçant au monde les réalités spirituelles du salut (la rédemption, le pardon des péchés, la délivrance de la seconde mort, la réconciliation, l’incarnation du Saint-Esprit en chaque croyant, la puissance pour vaincre le mal et marcher en nouveauté de vie, la régénération de tout l’être humain y compris la restauration de la santé…).

Ainsi la faculté de voir l’invisible ne nous a pas été donnée par Dieu pour créer des choses qui n’existent pas comme le prétendent les occultes modernes et les adeptes des sciences métaphysiques (sciences de la pensée), mais pour contempler et saisir ce que Christ nous a acquis par sa mort et par sa résurrection. Ephésiens 1: 3/14

Quand Jacques dit « recevez avec douceur la Parole qui a été implantée en vous et qui peut sauver vos âmes », il ne fait pas seulement référence au salut en tant que rachat de la perdition éternelle, puisqu’il s’adresse à des chrétiens déjà sauvés, mais aussi à toutes les bénédictions liées au salut, c’est-à-dire la délivrance de nos liens occultes, de nos blessures du passé, de nos états de faiblesses congénitales et aussi de toutes nos souffrances psychiques ou physiques.

C’est pourquoi le verbe « recevoir », (dechomail en grec), signifie littéralement » : saisir (ou prendre) ce que le Seigneur nous offre (notre héritage spirituel). Jacques 1 : 21

Voir l’ensemble de notre héritage céleste, avec les yeux de notre cœur, produira en notre âme le courage nécessaire pour attendre l’heure de la bénédiction, pour mener à bien le bon combat de la foi, pour persévérer malgré les nombreuses tribulations de la vie et pour recevoir la force de résister à tous les artifices de Satan.

Les patriarches ont vu l’invisible

1) Comment Noé a-t-il osé construire une arche dans un endroit désertique, loin de la mer ? Et comment a-t-il pu persévérer autant d’années (120 ans), malgré les moqueries et l’incrédulité des gens de son époque ? La lettre aux Hébreux nous en donne l’explication : « il fut divinement averti des choses qu’on ne voyait pas encore ».

Dieu lui fit donc voir en esprit ce qui allait arriver (l’anéantissement de la terre par le déluge) et cette vision interne, le fortifia, lui donna le courage nécessaire et la capacité de persévérer envers et contre tout. Hébreux 11 : 7

2) Comment Abraham pouvait-il croire qu’il deviendrait un jour le père d’une multitude de peuples, alors que sa femme était stérile ? Là encore, la Bible nous apporte la réponse. Dieu demanda un soir à Abraham de sortir de sa tente et lui montra les myriades d’étoiles qui sont dans le ciel. Ce qu’il vit, avec les yeux de sa chair, fut gravé à jamais dans son imagination (l’œil interne), lui permettant d’espérer contre toute espérance, de supporter les moqueries et d’affronter tous les obstacles, car les yeux de son cœur étaient fixés sur la vision divine qu’il avait contemplée. Genèse 15 : 5 Exode 32 : 13

– Comment ce même homme a-t-il eu le courage de lier sur un autel son fils unique, né du miracle, pour l’offrir en sacrifice ? Là encore, la Bible nous éclaire sur l’origine de son acte de foi. « Il pensait que Dieu est puissant, même pour ressusciter les morts ». Le verbe penser, (logizomail en grec) signifie aussi « regarder ce que l’on possède vraiment sur son compte ». Ce verbe insiste sur des faits réels et non sur des suppositions ou des hypothèses.

Si donc Abraham était prêt à sacrifier Isaac, c’est qu’il avait consulté son compte céleste, et qu’il avait vu que son fils vivrait ou lui serait rendu, comme par une sorte de résurrection. C’est pourquoi, Abraham prononça devant ses serviteurs cette parole de foi : «… moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous ». Genèse 22 : 4/5 Hébreux 11 : 17/19

Abraham était tellement habitué à voir l’invisible qu’il a pu contempler, à l’avance, le jour du Christ. Cette vision de la venue du Messie promis fut, pour lui, une source de joie, d’encouragement et de persévérance dans la foi. Jean 8 : 56

3) Comment Moïse a-t-il pu renoncer à son rang de fils de la fille de Pharaon, au pouvoir politique et à toutes les richesses de l’Egypte, pour vivre quarante années dans le désert à garder des moutons ? Là encore la Bible nous donne la réponse. Les yeux spirituels de Moïse étaient fixés sur un autre rang, un autre pouvoir et d’autres richesses. « Moïse regarda l’opprobre de Christ comme une richesse plus grande que tous les trésors de l’Egypte, car il avait les yeux (de son esprit) fixés sur la rémunération. C’est par la foi qu’il quitta l’Egypte, sans être effrayé de la colère du roi ; car il se montra ferme comme voyant celui qui est invisible. » Hébreux 11 : 24/27

– Comment Moïse fut-il en mesure de construire dans les moindres détails le tabernacle céleste, appelé aussi la tente d’assignation ? Sur la montagne du Sinaï, Dieu lui fit voir la réalité de cette maison glorieuse où Il désirait habiter, et cette vision s’étant gravée dans son imagination, il put, à tout moment, donner aux artistes/bâtisseurs toutes les directives nécessaires pour matérialiser, sur la terre, le tabernacle divin. « Aie soin de faire tout, d’après le modèle qui t’a été montré sur la montagne ». Exode 25 : 9 Hébreux 8 : 5

4) Comment Dieu permit-il aussi à Jacob de prospérer pour devenir un puissant fermier, alors qu’il fut, pendant près de vingt ans, le souffre-douleur de son oncle Laban ? Là encore la Bible nous apporte la réponse. Le Seigneur lui accorda de voir en vision son futur troupeau. Et Jacob appliqua, jour après jour, la vision qu’il avait reçue de Dieu pour entrer dans son héritage. Chaque fois que les boucs couvraient les brebis, il contemplait, avec les yeux de son esprit (en imagination), son troupeau s’agrandir. « Et l’Ange de Dieu me dit en songe : Jacob ! Je répondis : Me voici ! Il dit : Lève les yeux, et regarde : tous les boucs qui couvrent les brebis sont rayés, tachetés et marquetés ; car j’ai vu tout ce que te fait Laban ». Genèse 31 : 11

Voyez-vous, Jacob ne créa pas de lui-même, au moyen d’une vision mentale, cet immense troupeau, mais il le contempla à l’avance et put ainsi tenir bon pendant plusieurs années, avant de devenir un homme prospère.

5) Si le peuple d’Israël n’entra pas dans la terre promise, mais erra quarante années dans le désert, c’est qu’il accepta de croire à une fausse vision. Sur les douze espions, envoyés par Moïse pour explorer le pays de Canaan, dix firent un rapport désastreux ; «… nous avons vu des géants, enfants d’Anak, de la race des géants : nous étions à nos yeux comme des sauterelles ». Seuls Josué et Caleb entrèrent dans le pays promis, car ils avaient contemplé une autre réalité spirituelle : «… ne craignez pas les gens de ce pays, car ils nous serviront de pâture, ils n’ont plus d’ombrage (ou de protection spirituelle) pour les couvrir, l’Eternel est avec nous, ne les craignez point !». Nombres 13 : 32/33 14 : 8/10

6) Et si tous les héros de la foi, dépeints dans le chapitre 11 de la Lettre aux Hébreux, ont pu tenir ferme malgré les hostilités et les persécutions, c’est qu’ils avaient, eux aussi, les yeux de leur esprit fixés sur de solides réalités spirituelles invisibles. «… ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre ». Le verbe « saluer », (aspazomail en grec), signifie littéralement attirer à soi une réalité spirituelle d’où embrasser une vision mentale. Ce verbe a donné en latin le mot « vidéo » qui désigne la restitution d’images enregistrées. Ayant vu à l’avance ce qu’ils allaient devenir dans la patrie céleste, ils reçurent le courage de mourir dans la foi. Hébreux 11 : 13/16

Les chrétiens peuvent voir l’invisible

1) Dans notre texte de référence, Paul déclare que les chrétiens qui subissent diverses afflictions corporelles, comme l’usure, la déchéance, le vieillissement, les faiblesses… ne perdront jamais courage, s’ils savent utiliser correctement la vidéo de leur esprit, pour contempler à l’avance ce que sera leur futur corps céleste, glorieux, incorruptible et immortel que le Seigneur Jésus leur accordera, à la première résurrection. 1 Corinthiens 15 : 42/49

Car une claire vision de ce qu’ils seront un jour dans la gloire du ciel, produira un poids éternel de gloire dans leur être intérieur (l’homme nouveau), leur permettant de continuer le combat de la foi, même si leur être extérieur (leur corps physique) s’affaiblit, se dégrade et se détruit. 2 Corinthiens 4 : 16/18

2) David qui représente le type même du chrétien pardonné et sauvé, possédait une claire vision des réalités spirituelles du salut en Christ. Il parlait donc à son âme de la façon suivante : «… mon âme, bénis l’Eternel, car c’est lui qui pardonne tous tes péchés, qui guérit toutes tes maladies, qui délivre ta vie de la fosse, qui te couronne de bonté et de miséricorde, qui rassasie de biens ta vieillesse et te fait rajeunir comme l’aigle ». Psaume 103 : 1/5

a) Ainsi quand nous péchons et que nous nous repentons sincèrement de nos actes coupables, voyons, par l’imagination, le Seigneur prendre notre lourd fardeau impur et le jeter au fond de la mer. Michée 7 : 19

Ensuite, voyons le Seigneur nous laver de toutes nos souillures avec son précieux sang. Quand l’apôtre Paul a dit aux chrétiens de Rome : « regardez-vous comme morts au péché et comme vivants pour Dieu », il a utilisé l’expression (logizomail humeis) qui, en grec, signifie littéralement « scrutez ce qu’il y a réellement sur votre compte céleste ». Si notre faute n’apparaît plus sur notre compte, parce que Jésus nous a pardonnés et purifiés, alors, refusons de nous voir encore comme souillés et coupables. Refusons la culpabilité et les mensonges diaboliques et regardons-nous désormais comme des êtres pardonnés, lavés et justifiés. 1 Jean 1 : 7/10 2 : 1/2

b) Quand nous souffrons d’une maladie physique, psychique ou morale, sondons notre être, pour savoir si cette souffrance n’est pas en rapport avec un jugement divin. Deutéronome 32 : 39 1 Corinthiens 11 : 28/32

Puis, ayons recours à la prière de l’église locale à laquelle nous appartenons, ainsi qu’à l’onction d’huile des anciens. Et ensuite, utilisons le pouvoir de notre imagination pour voir le Seigneur nous relever, comme l’enseigne notre frère Jacques. Le verbe relever « egeirô en grec » signifie à la fois « réveiller et éveiller ».

Voyons donc le Seigneur « réveiller » en nous la santé ou « éveiller » le courage et l’enthousiasme de notre âme. Jacques 5 : 13/18

c) Et si nous nous trouvons plongés dans une fosse, (littéralement « pris par un piège destructeur, comme la drogue, l’alcool, le jeu, le sexe… »), et que nous implorons la compassion du Seigneur, pour qu’Il nous délivre de tous nos esclavages (2 Pierre 2 : 19), alors, croyons qu’Il nous entend et voyons-Le nous affranchir de tous nos liens, de toutes nos oppressions et de tout ce qui a triomphé de nous, selon ce qu’Il a lui-même déclaré : «… Je suis venu pour guérir les cœurs brisés, pour proclamer aux captifs la délivrance, renvoyer libres les opprimés… cette Parole que vous venez d’entendre est accomplie ». Luc 4 : 18/21

d) Puis, si nous constatons que la vieillesse nous affaiblit et nous empêche d’être aussi opérationnels qu’avant, voyons encore le Seigneur déverser, en notre âme, une dose merveilleuse de son élixir de jouvence, comme Il le fit envers son serviteur Moïse qui fut rajeuni comme l’aigle. « Moïse était âgé de cent vingt ans lorsqu’il mourut ; sa vue n’était point affaiblie, et sa vigueur n’était pas passée ». Deutéronome 34 : 7

Ou envers son serviteur Caleb qui, étant âgé de 85 ans, réclama à Josué sa part d’héritage en Canaan, car la vision, qu’il avait reçue du Seigneur, avait changé sa faiblesse corporelle en de nouvelles forces physiques. Ce vieillard partit au combat et reçut Hébron en héritage. Josué 14 : 7/15

3) Voir l’invisible est aussi un excellent moyen de ne jamais désespérer que les projets divins ne s’accomplissent dans nos vies. Avons-nous reçu des paroles prophétiques, des songes ou des rêves divins ? Alors, que toutes ces choses qui ont été reçues et implantées dans notre âme, par le Saint-Esprit, soient entretenues par des images mentales claires de ce que Dieu nous appelle à devenir. C’est de cette manière que Gédéon, après avoir entendu l’ange lui dire « l’Eternel est avec toi, vaillant héros », devint dans le monde visible, ce qu’il était déjà dans la pensée de son Dieu. Juges 6 : 11/14

4) Et pour continuer à devenir les témoins du Seigneur, sans jamais défaillir dans notre témoignage, apprenons encore à voir l’invisible, comme Jésus l’a enseigné à ses disciples : « Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson ? Voici, je vous le dis, levez les yeux (de votre esprit), et regardez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson ». Jean 4 : 35

Que nous ayons semé nous-mêmes la Parole de Dieu, ou que nous soyons entrés dans un champ ensemencé par quelqu’un d’autre, nous devons voir, avec les yeux de notre esprit, la moisson comme déjà mûre pour la récolte. Jean 4 : 36/42

Sans une telle vision interne, nous nous démoraliserons devant la froideur, l’égoïsme, la mondanité et l’incrédulité des gens. Mais si, comme Jésus, notre esprit se nourrit de ce que notre Père nous a préparé d’avance, nous deviendrons de puissants témoins de Jésus à Jérusalem (dans notre maison), dans toute la Judée (auprès de notre famille et de nos amis), et jusqu’aux extrémités de la terre (auprès de tous nos contemporains). Actes 1 : 8

5) Voir l’invisible est aussi un moyen très utile, pour faire face aux souffrances liées à notre vocation de disciples de Christ. En effet, s’il y a un sujet dont on n’aime pas trop parler dans les églises, c’est bien celui des souffrances légitimes liées à la foi. Mais, Jésus n’a jamais caché à son Eglise qu’elle aurait à subir diverses tribulations dans ce monde, à cause de sa foi en Lui, comme la persécution physique, parfois le martyr ou encore la persécution morale (injustices, injures, calomnies, fausses accusations, rejet, abandon…). Matthieu 5 : 1/12 Luc 6 : 20/23 Actes 5 : 41

– N’a-t-il pas dit à Ananias, au sujet du futur apôtre Paul, «… je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom. » ? Actes 9 : 10/22

– N’est-il pas aussi écrit : «… ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus Christ seront (physiquement ou moralement) persécutés. » ? 2 Timothée 3 : 12

– N’est-il pas encore écrit : «… nous sommes enfants de Dieu et cohéritiers du Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui. » ? Romains 8 : 17/18

– Et l’apôtre Pierre n’a-t-il pas également écrit : «… ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ… » 1 Pierre 2 : 19/21 4 : 12/19

Comment ne pas être surpris de souffrir pour Christ ?

Le Dr Millen, l’auteur de « Maladie ou santé à votre choix », raconte qu’en 1940, lors de la guerre de Corée, plus de 30 000 soldats furent prisonniers. Et bien qu’ils furent nourris convenablement, la plupart regardaient dans le vide, devinrent apathiques, ne s’intéressaient à rien, perdirent l’appétit et 8000 d’entre eux moururent, privés d’espoir, d’affection et de réconfort, car, la seule vision qu’ils plaçaient dans leur esprit était la boue de leur condition carcérale.

Mais, le Dr Millen raconte aussi l’histoire d’un autre prisonnier qui fut enfermé, des années dans une prison, par les autorités japonaises, à cause de sa foi au Christ. Ce croyant fut placé dans une cellule froide, humide, inconfortable et mal nourri. Et malgré ces conditions lamentables, ce croyant ne mourut pas comme les autres prisonniers, car au lieu de regarder la boue de sa condition, il regardait les étoiles du ciel.

Son esprit fut donc en mesure d’être non seulement fortifié pour tenir bon, malgré sa condition carcérale, mais il fut en mesure de recevoir les plans du Seigneur, pour la construction d’une école biblique, qu’il réalisa à sa sortie de prison. Mais, pendant ses longues années de galère et de souffrance pour la cause du Christ, il fut fortifié par l’Esprit-Saint, recevant l’espoir, le réconfort et toute l’affection du Seigneur dont il avait besoin, pour tenir ferme au sein de la fournaise de ses épreuves.

Ce qui permit à cet homme de ne jamais perdre espoir, ni d’être mécontent de son sort, ni de se plaindre, ni de gémir ou de sombrer dans la pitié de soi ; c’est la vision mentale du ciel qu’il avait entretenue, pendant toutes ses années carcérales.

L’expérience de l’apôtre Paul

« Je parle en homme qui extravague. Je le suis plus encore : par les travaux, bien plus ; par les coups, bien plus ; par les emprisonnements, bien plus. Souvent en danger de mort, cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme.

Fréquemment en voyage, j’ai été en péril sur les fleuves, en péril de la part des brigands, en péril de la part de ceux de ma nation, en péril de la part des païens, en péril dans les villes, en péril dans les déserts, en péril sur la mer, en péril parmi les faux frères. J’ai été dans le travail et dans la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la nudité. Et, sans parler d’autres choses, je suis assiégé chaque jour par les soucis que me donnent toutes les Eglises ». 2 Corinthiens 11 : 24/28

Quand nous lisons le tableau que Paul nous fait d’une partie de sa vie de souffrances, pour la cause de Christ, nous sommes en droit de nous demander quel fut le secret qui l’empêcha de se plaindre, de gémir et de manifester un certain mécontentement pour toutes ses situations inconfortables. Dans une de ses lettres, il osera même affirmer : « Je puis tout par celui qui me fortifie ». Philippiens 4 : 13

Quel était donc son secret ?

Il s’était mentalement préparé, car il connaissait les paroles de Jésus, concernant la vocation du disciple. Il a utilisé le pouvoir de son imagination, pour implanter, en lui, la vision des réalités spirituelles qui pouvaient lui procurer la force de tenir bon. Il ne se voyait pas comme un disciple supérieur à son Seigneur, mais plutôt comme un disciple lié au même sort que son Seigneur. Il se voyait donc comme une brebis, destinée à la boucherie, comme un condamné portant sa Croix, ou encore comme un sacrifice vivant, prêt à donner sa vie, afin que les autres vivent. « Ainsi la mort agit en nous, dira-t-il, afin que la vie agisse en vous ». 2 Corinthiens 4 : 12

Paul estimait que les souffrances du temps présent (les difficultés en tous genres liées à sa vocation de disciple) ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui allait être révélée en chaque chrétien. Romains 8 : 18

Alors quand les difficultés liées à sa vocation d’apôtre du Christ commencèrent à apparaître dans son ministère, il n’en fut pas surpris, ni déstabilisé, car il s’était mentalement préparé, sachant que toutes les souffrances, conformes à la volonté de Dieu, n’avaient aucun pouvoir pour le séparer de l’amour de son Dieu. Romains 8 : 37/39

EPILOGUE

Voir l’invisible n’est donc pas une utopie, mais la manière d’être des enfants de Dieu, selon qu’il est écrit : « soyez les imitateurs du Seigneur ». Or comment Dieu nous voit-il aujourd’hui, nous qui avons cru en l’œuvre de la Croix ? « Comme des pécheurs souillés et perdus ? Comme des égocentriques rebelles ? Comme des êtres vils et inutiles à sa gloire ? »

Non ! Mille fois non, car d’après les Saintes Ecritures, Dieu a une tout autre vision de nous. Il nous voit comme pardonnés, comme réconciliés avec Lui, comme délivrés de la seconde mort, comme justes et saints de position, comme affranchis du royaume du mal et comme déjà glorifiés en Jésus-Christ. Bien plus, Il nous voit comme des êtres de grande valeur, ayant pour vocation à devenir la future épouse de son Fils, appelés à partager avec Lui son héritage céleste, son règne et sa gloire éternelle.

Imprégné d’une telle vision, Il ne nous considère plus comme des vases vils et inutiles, mais comme ses enfants, ses amis et ses collaborateurs.

Si donc notre Père nous voit de toutes ces manières, pourquoi ne l’imiterions-nous pas en nous voyant désormais, non plus comme nous sommes dans ce corps de chair et de sang, mais comme nous sommes vraiment en Jésus-Christ ?

Apprenons donc à chercher les choses d’en haut, où Christ est assis à la droite de Dieu, et à nous affectionner aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre. Car, c’est en visionnant dans notre imagination ce que nous sommes en Christ que ces choses divines, (ces réalités spirituelles), se matérialiseront dans chacune de nos vies, même si nous constatons le fossé qui existe encore entre la réalité immatérielle et la réalité temporelle. Colossiens 3 : 1/4

Que le Saint-Esprit vous bénisse tous !

Pasteur Joël Loubiat

© Tous droits réservés

Bibliographie :

La Sainte Bible avec les commentaires de John MacArthur

– Les commentaires du Nouveau Testament de John MacArthur

– « Encyclopédie des difficultés bibliques » de A. Kuen

– Commentaires de la Lettre aux Romains de F. Godet

– La Bible Online des Editions Clé

– Les Dictionnaires grecs de A. Bailly et de V. Magnien – M. Lacroix et de Maurice Carrez et François Morel

– « La loi de la foi » de Norman Crubb

– « Impact de foi » de Patrick Fontaine

– « Maladie ou santé à votre choix » du Dr Mc Millen

– « L’équilibre psychologique du chrétien » de Jacques Poujol