Maintien & rupture du lien conjugal

 

Matthieu 19 : 3/12

« Les Pharisiens abordèrent Jésus et lui dirent pour l’éprouver : Est-il permis de répudier sa femme pour un motif quelconque ?… L’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair… Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a joint. Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier ? Il leur répondit : C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n’en était pas ainsi… Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère ».

Le sujet du divorce entre chrétiens et la possibilité d’un nouveau mariage a fait couler beaucoup d’encre et des positions variées sont apparues au sein des églises qui se réclament du christianisme.

F. Godet (théologien suisse) a dit que le droit catholique interdit le divorce même en cas d’adultère, alors que le droit protestant au contraire l’autorise, mais n’accorde la possibilité d’un nouveau mariage qu’à la partie innocente.

La position de certaines églises évangéliques contemporaines, bien que respectueuse des enseignements de Jésus et des apôtres, va parfois beaucoup plus loin que le droit catholique ou le droit protestant en accordant, avec trop de légèreté, le divorce et le remariage entre chrétiens.

Trouvons-nous dans la Bible un enseignement clair concernant le divorce et le remariage entre chrétiens ?

Personnellement, je le crois. Nous allons donc parcourir les écrits bibliques en laissant de côté toutes interprétations subjectives (déductions et préjugés personnels), pour laisser la Parole de Dieu nous parler, en sachant qu’un texte biblique ne doit jamais être isolé des autres textes traitant du même sujet, comme Jésus l’a si bien déclaré lorsqu’il fut tenté par le diable : « il est écrit, mais il est aussi écrit ». Matthieu 4 : 7

Le fondement du mariage

Le mariage n’est pas une institution humaine (civile ou religieuse) mais une institution divine, fondée sur cette parole créatrice : « il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je lui ferai une aide semblable à lui ». Genèse 2 : 18

Ainsi, lorsque Dieu amena Eve auprès d’Adam, celui-ci reconnut en la femme celle qui était os de ses os (qui sortait de lui) et qui allait devenir, à la fois, son vis-à-vis et son aide pour atteindre ensemble l’intention divine, tant sur le plan physique, que sur le plan psychique et spirituel. Sans autre cérémonie que l’approbation du Seigneur tout-puissant, Adam prit Eve pour épouse et ce fut le premier mariage couplé de l’histoire humaine. Les deux époux dans leur état d’innocence pouvaient réaliser l’intention divine et devenir une seule chair, c’est-à-dire une entité nouvelle , capable de perpétuer à la fois l’acte créateur (engendrer des enfants) et refléter, dans la société des hommes, l’image et la gloire de Dieu. C’est pourquoi, Paul rappellera aux Corinthiens cette précieuse vérité : « l’homme (l’époux) est la gloire de Dieu et la femme (son épouse) est la gloire de son mari ». 1 Corinthiens 11 : 7

Ainsi, lorsque deux êtres s’unissent devant Dieu, que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a joint. Cette expression employée par Jésus signifie littéralement : Que l’homme ne brise pas le joug du mariage (ne prononce pas à la légère un divorce entre deux époux).

Le diable a tout gâché

Mais la chute mit un terme au projet divin pour les couples (devenir une seule chair), car la puissance du péché poussa les êtres humains à choisir plutôt la voie des plaisirs sensuels que la voie du devoir spirituel. Les hommes continuèrent à engendrer des enfants, mais ne furent plus en mesure de réaliser le projet du Seigneur, concernant le mariage couplé selon Dieu. Et après quelques années (ou siècles), toute chair fut corrompue par Satan. C’est alors que Dieu voulut détruire la race humaine, mais grâce à la foi de Noé, il lui accorda une nouvelle chance.

Mais après le déluge, la nature humaine étant ce qu’elle est, les hommes retombèrent dans les mêmes travers diaboliques et pervertirent à nouveau la voie du mariage. Dieu ayant fait la promesse de ne plus anéantir la race humaine, jugea néanmoins les incrédules et les rebelles en les livrant à leur mentalité réprouvée : « leurs femmes ont changé l’usage naturel en celui contre-nature ; et de même les hommes, abandonnant l’usage naturel de la femme, se sont enflammés dans leurs désirs, les uns pour les autres, commettant homme avec homme des choses infâmes, et recevant en eux-mêmes le salaire que méritaient leurs crimes ». Romains 1 : 18/32

Le mariage au temps de Moïse

Ce n’est qu’au temps de Moïse que Dieu donna au peuple juif ses lois concernant la sainteté du mariage. Lévitique 18 : 1/30

Mais, là encore le Saint-Esprit se heurta à la dureté du cœur humain, et pour des raisons futiles et surtout par convoitise, certains époux juifs répudiaient leurs épouses et prenaient d’autres femmes en mariage. Les premières épouses n’ayant à l’époque aucun droit légal, vinrent trouver Moïse pour obtenir de lui le conseil divin. Moïse, avec l’accord de Dieu, ordonna donc aux maris de délier leurs épouses des liens du mariage, en leur accordant une lettre de divorce, leur permettant ainsi de refaire leur vie. Deutéronome 24 : 1/4

Mais la prescription de Moïse n’était qu’une tolérance temporelle et non un droit légal à divorcer (Dieu ayant horreur de la répudiation). Malachie 2 : 16

L’union conjugale dans l’Eglise

Le livre de l’Ecclésiaste dit qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et que ce qui s’est fait hier, se refera encore demain. Ainsi, le peuple de la Nouvelle Alliance reproduisit, tout au long de l’histoire de l’Eglise, les mêmes déviances par rapport au mariage. C’est donc une erreur de penser que le baptême du Saint-Esprit place les chrétiens sous une sorte d’immunité spirituelle, leur permettant de divorcer et de se remarier sans dommage pour leur vie spirituelle. C’est en raison de tels abus que l’apôtre Paul donna à l’Eglise un enseignement très clair, concernant le maintien et la rupture du lien conjugal dans l’Eglise.

Maintien et rupture du lien conjugal entre chrétiens

Lorsque l’apôtre Paul entreprit ce travail doctrinal, il le fit pour deux raisons :

1) Tout d’abord pour éviter les impuretés

« Pour ce qui concerne les choses au sujet desquelles vous m’avez écrit, je pense qu’il est bon pour l’homme de ne point toucher de femme. Toutefois, pour éviter l’impudicité, que chacun ait sa femme, et que chaque femme ait son mari. Que le mari rende à sa femme ce qu’il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est le mari ; et pareillement, le mari n’a pas autorité sur son propre corps, mais c’est la femme. Ne vous privez point l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence.

Je dis cela par condescendance, je n’en fais pas un ordre. Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi ; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre. A ceux qui ne sont pas mariés et aux veuves, je dis qu’il leur est bon de rester comme moi. Mais s’ils manquent de continence, qu’ils se marient ; car il vaut mieux se marier que de brûler ». 1 Corinthiens 7 : 1/9

a) Certains prédicateurs de l’époque apostolique donnaient au célibat une prépondérance spirituelle par rapport au mariage. Mais Paul, qui vivait lui-même en célibataire, tout comme vécut le Seigneur Jésus, précisa que personne ne peut vivre dans cet état s’il ne possède en lui-même un don divin (littéralement : un charisme de l’Esprit). 1 Corinthiens 7 : 7

Il en était de même pour le veuvage. Les veufs ou les veuves pouvaient rester dans leur état le restant de leur vie, dans la mesure où ils avaient la force spirituelle de s’abstenir de toute relation sexuelle illicite, à l’exemple d’Anne la prophétesse qui, dans son veuvage, servait Dieu nuit et jour dans le temple. Luc 2 : 36/38

Si donc un chrétien célibataire ou veuf est tourmenté par des pulsions sexuelles, sans avoir la force spirituelle de maîtriser ce feu intérieur, il doit reconnaître qu’il est plutôt appelé au mariage, car le mariage n’est pas un péché aux yeux de Dieu, tandis que les unions libres, les coucheries, les fornications et toutes sortes de relations sexuelles extraconjugales sont des péchés d’impuretés qui souillent le chrétien. C’est pourquoi « il vaut mieux se marier que de brûler ». 1 Timothée 5 : 11/12

b) Et toujours dans le but d’éviter les impuretés, Paul rappellera aux chrétiens mariés quels sont les conseils divins concernant les relations intimes.

Par le mariage, chaque époux concède à l’autre un droit sur son propre corps physique. Ainsi, les relations sexuelles dans le couple ne dépendent pas d’une direction spirituelle particulière, mais du besoin légitime de chacun dans ce domaine. L’épouse n’a donc pas à se refuser à son mari, ni le mari à priver sa femme des bienfaits des relations intimes, puisque le Créateur a déclaré l’union physique comme « très bonne », dans la mesure où cette union entre dans le cadre de sa Volonté. Genèse 1 : 31

Et si les couples chrétiens se privent pour un temps de relations intimes, ils doivent le faire d’un commun accord, pour une durée limitée et dans un but spirituel précis (se priver l’un de l’autre pour chercher une direction divine, par exemple). Ce sage conseil apostolique fermera la porte à la tentation de Satan et donc à toutes formes d’impuretés, susceptibles de souiller le couple chrétien.

2) Pour définir les limites de la liberté chrétienne

« Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. Les aliments sont pour le ventre, et le ventre pour les aliments ; et Dieu détruira l’un comme les autres.

Mais le corps n’est pas pour l’impudicité. il est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps. Et Dieu, qui a ressuscité le Seigneur, nous ressuscitera aussi par sa Puissance. Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ? Prendrai-je donc les membres de Christ, pour en faire les membres d’une prostituée ? Loin de là ! Ne savez-vous pas que celui qui s’attache à la prostituée est un seul corps avec elle ?

Car, est-il dit, les deux deviendront une seule chair. Mais celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit. Fuyez l’impudicité. Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps ; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps.

Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint–Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous–mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu ». 1 Corinthiens 6 : 12/20

Les impuretés sexuelles, avons-nous dit, ne concernent pas seulement les célibataires et les veufs (ou veuves), mais aussi les chrétiens mariés dans le Seigneur. C’est pourquoi, Paul rappellera aux couples chrétiens que leur liberté en Christ ne les autorise pas à divorcer et à se remarier pour n’importe quels motifs. « Fuyez (d’une manière continue) l’impureté conjugale », ordonnera-t-il aux couples mariés, car quiconque se sépare de son conjoint et contracte un autre mariage, en dehors de la règle d’exception citée par Jésus Christ – « sauf en cas d’infidélité sexuelle » -, expose sa propre personnalité à la souillure morale.

En effet le mot « infidélité », employé par Jésus et Paul (porneia en grec), englobe toute relation sexuelle illicite, comme : la prostitution, le libertinage, l’échangisme, l’inceste, l’homosexualité, l’adultère, la zoophilie, la sodomie, les relations consanguines (l’union avec de proches parents)…

La liberté évangélique, accordée à tout enfant de Dieu, ne l’autorise pas à faire des actes qui détruiraient en lui l’œuvre de Dieu, commencée dès le jour de sa conversion.

Pourquoi fuir l’impureté ? (la porneia)

« Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. Les aliments sont pour le ventre, et le ventre pour les aliments ; et Dieu détruira l’un comme l’autre. Mais le corps n’est pas pour l’impudicité (pour la porneia), il est pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps. Et Dieu qui a ressuscité le Seigneur Jésus, nous ressuscitera aussi par sa Puissance ». 1 Corinthiens 6 : 12/14

Ces paroles apostoliques nous expliquent pourquoi tous les chrétiens doivent fuir, d’une manière continue, toute forme d’impureté sexuelle, comme le fit Joseph devant les avances de Mme Potiphar. Genèse 39 : 7/10

Au temps de l’apôtre Paul, les Corinthiens pensaient que quels que soient les péchés qu’ils pouvaient commettre, ces péchés n’affectaient que leur corps physique. Et comme cet élément physique, appelé aussi « le ventre », allait un jour être détruit par la mort, ils pouvaient donc jouir librement de toutes sortes de pratiques impures, sans que cela leur soit préjudiciable. « Péchons, disaient-t-ils, car nous savons que la chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu ». 1 Corinthiens 15 : 50

Mais Paul va éclairer leurs esprits, en leur apportant une révélation dont ils ne mesuraient pas la portée. Il leur montrera que parmi tous les péchés existants, les péchés sexuels affectent un autre corps que le corps physique. Ce corps-là, caché dans les profondeurs de l’âme humaine, n’est autre que le Moi intime du chrétien, sa propre personnalité régénérée, lieu sacré de l’échange avec Dieu, siège de l’habitation du Saint-Esprit.

Ce corps intérieur, dira en son temps F. Godet, est ici l’élément permanent dans notre organisme terrestre, celui qui forme le lien entre notre corps actuel et notre corps futur. Or c’est cet élément-là, la forme essentielle de notre personnalité, qui se trouve engagé dans le vice de l’impureté.

Tous les chrétiens doivent donc savoir que par leur régénération spirituelle, le Saint-Esprit a fait de leur personnalité les membres du corps de Christ. Étant donc attachés (ou liés) au Seigneur par le baptême du Saint-Esprit, ils doivent veiller à ne pas livrer leur personnalité sainte à une quelconque impureté/porneia dont Jésus et Paul ont parlé.

Car toutes les unions sexuelles illicites créaient un lien spirituel : « Ne savez-vous pas que celui qui s’attache (ou s’unit sexuellement) à la prostituée est un seul corps avec elle ? Car, est-il dit, les deux deviendront une seule chair. Mais celui qui s’attache (qui s’unit spirituellement) au Seigneur est avec lui un seul esprit ». 1 Corinthiens 6 : 16/17

Le péché contre le corps intérieur

« Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps (la personnalité) ; mais celui qui se livre (continuellement) à l’impudicité pèche contre son propre corps (le temple du Saint-Esprit) ». 1 Corinthiens 6 : 18

Ce que Paul va démontrer maintenant, c’est que tous les autres péchés que les chrétiens (couples y compris) peuvent commettre n’affectent que leur corps extérieur (le corps physique). De tels péchés doivent bien entendu être confessés à Dieu (ou au prochain), pour éviter ici-bas tout jugement de la part du Seigneur qui peut affaiblir ce corps, par toutes sortes de maladies ou d’infirmités, comme cela a été rappelé à l’église de Corinthe. 1 Corinthiens 11 : 27/32

Souvenons-nous aussi des nombreux cas de guérisons où Jésus déclara : «…va et ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive quelque chose de pire ». Jean 5 : 14 8 : 11 Jacques 5 : 13/16

Mais les péchés sexuels, liés à « la porneia », ont des effets désastreux à l’intérieur même du corps intérieur, c’est-à-dire dans la personnalité du chrétien, lieu de résidence du Saint-Esprit. Cela ressort clairement par l’utilisation de la préposition grecque (eis) qui signifie « en entrant à l’intérieur de », avec le dommage que subit le corps intérieur.

Quand les chrétiens s’adonnent aux plaisirs sexuels illicites, ils ne pèchent pas seulement contre Dieu, mais contre le temple du Saint-Esprit qui est en eux. C’est pourquoi, le verbe « pécher » (hamartanô en grec) signifie littéralement : être privé de quelque chose ou plus exactement ne pas atteindre le but divin.

Si donc, de tels péchés impurs, commis par les chrétiens, ne sont pas confessés puis abandonnés, le Saint-Esprit ne pourra leur accorder la totalité de leur héritage spirituel : « Ne savez-vous pas que votre corps (votre personnalité) est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, et que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ?… Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu ». 1 Corinthiens 6 : 19/20

Beaucoup de chrétiens semblent ignorer que par le baptême du Saint-Esprit, un lien intime a été créé entre leur personnalité régénérée (le corps intérieur) et l’Esprit de Dieu, leur assurant la sanctification de leur être en vue de leur future résurrection, comme Paul l’a fait remarquer, par rapport à la résurrection de Jésus : «… Il a été déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts…». Romains 1 : 4 1 Thessaloniciens 5 : 23/24

Or, c’est justement ce lien spirituel qui est susceptible de se briser par les relations sexuelles illicites.

– C’est pourquoi, lorsque Paul entendit parler de ce chrétien incestueux présent dans l’église corinthienne, il comprit le danger dans lequel cet homme venait de pénétrer, si son péché persistait en lui. Il livra donc cet homme à Satan, non pour lui faire du mal, mais afin que son corps intérieur (son esprit) fût sauvé au jour du Seigneur. L’expression « pour la destruction de la chair » semble indiquer dans l’original grec qu’une maladie mortelle pénétra le corps physique de cet homme. 1 Corinthiens 5 : 1/5

– Souvenons-nous aussi dans quel état moral et physique se trouvait le roi David (qui avait en lui l’Esprit-Saint), après avoir pris la femme d’Urie et commis un adultère avec elle. «Tant que je me suis tu, mes os se consumaient, je gémissais toute la journée ; Car nuit et jour ta main s’appesantissait sur moi, ma vigueur n’était plus que sécheresse, comme celle de l’été. Je t’ai fait connaître mon péché, je n’ai pas caché mon iniquité ; j’ai dit : j’avouerai mes transgressions à l’Eternel ! Et tu as effacé la peine de mon péché ». Psaume 32 : 3/5

Nous devons donc faire extrêmement attention à ne pas encourager les chrétiens à divorcer puis à se remarier avec légèreté. Car le Seigneur, connaissant les conséquences dramatiques qu’entrainent les impuretés sexuelles, ne permettra pas que ceux (et celles) qui lui appartiennent ne puissent obtenir la totalité de leur héritage spirituel (car nous ne possédons ici-bas que les arrhes de l’Esprit).

Il interviendra parfois d’une manière radicale, comme nous l’avons dit au sujet de l’incestueux et du roi David, afin d’arracher les croyants en état d’impureté d’une condamnation éternelle. Un chrétien reconnu comme un enfant légitime, verra son Père céleste réagir pour contrecarrer les projets de Satan. Comment pourrait-il en être autrement ? Hébreux 12 : 4/11 (voir aussi Psaume 32 : 1/5 1 Corinthiens 11 : 27/33)

Maintien et rupture du lien conjugal pour les couples chrétiens

Après avoir expliqué les conséquences que peuvent produire les impuretés sexuelles dans les profondeurs de la personnalité des chrétiens, l’apôtre Paul va établir en sept versets une doctrine très claire sur laquelle toutes les églises pourront s’appuyer, pour justifier ou non un divorce et un nouveau mariage entre enfants de Dieu. Il va donc mettre en lumière deux éventualités :

1) Les couples chrétiens unis devant Dieu

2) Les couples mixtes (un chrétien uni à un non-croyant)

« A ceux qui sont mariés, j’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare point de son mari. Si elle est séparée, qu’elle demeure sans se marier ou qu’elle se réconcilie avec son mari, et que le mari ne répudie point sa femme.

Aux autres, ce n’est pas le Seigneur, c’est moi qui dis : Si un frère a une femme non–croyante, et qu’elle consente à habiter avec lui, qu’il ne la répudie point ; et si une femme a un mari non–croyant, et qu’il consente à habiter avec elle, qu’elle ne répudie point son mari. Car le mari non–croyant est sanctifié par la femme, et la femme non–croyante est sanctifiée par le frère ; autrement, vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints.

Si le non–croyant se sépare, qu’il se sépare ; le frère ou la sœur ne sont pas liés dans ces cas-là. Dieu nous a appelés à vivre en paix. Car que sais-tu, femme, si tu sauveras ton mari ? Ou que sais-tu, mari, si tu sauveras ta femme ? Seulement, que chacun marche selon la part que le Seigneur lui a faite, selon l’appel qu’il a reçu de Dieu. C’est ainsi que je l’ordonne dans toutes les Eglises ». 1 Corinthiens 7 : 10/17

a) A ceux qui sont mariés

L’expression verbale employée par Paul est au parfait grec et désigne un état présent qui résulte d’un fait passé. Il s’agit donc ici de deux chrétiens qui ont été unis par l’Eglise, à un moment donné, et qui demeurent devant Dieu en état de mariage. La règle à suivre, si un couple chrétien est en difficulté, ne repose pas sur une révélation apostolique particulière, mais sur la règle d’exception, recommandée par Jésus dans les évangiles. Matthieu 5 : 31/32 19 : 7/12

Le couple est-il en danger par les différentes impuretés sexuelles renfermées dans le mot « infidélité » (la porneia) : « La prostitution, le libertinage, l’échangisme, l’inceste, l’homosexualité, l’adultère, la zoophilie, la sodomie, les relations consanguines (l’union avec des proches parents)… ? »

Si tel est le cas, alors oui l’union conjugale est en danger, car tous ces péchés-là sont mis sur le même plan que la mort d’un des conjoints, nous dit la Parole de Dieu. « Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu’il est vivant ; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari ». Romains 7 : 2

En donnant cette règle d’exception, Jésus ne fait pas l’apologie du divorce, comme certains le supposent, il met seulement en lumière les péchés qui sont susceptibles de détruire les liens conjugaux.

Les cas particuliers

Mais, pour ne pas tomber dans un dogmatisme détestable et intransigeant, dépourvu de compassion et d’amour, nous devons tenir compte aussi de certaines situations particulières qui peuvent être vécues par les deux conjoints.

Que faire lorsque l’un des époux vit avec un conjoint chrétien qui fuit ses responsabilités de père de famille, qui devient violent, alcoolique, joueur, coureur, paresseux, illuminé… ?

Pouvons-nous mettre de côté de telles épreuves et ne prendre en compte que « la règle d’exception », décrite par Jésus ? Non ! Loin de là, car chaque cas doit être analysé avec sagesse, compassion et tolérance.

L’apôtre Paul en qui demeurait l’esprit d’intelligence et de sagesse, entrevoit en pareil cas, la possibilité d’une séparation temporaire pour protéger à la fois l’un des conjoints, de même que les enfants nés d’une telle union.

Mais cette séparation n’est pas l’équivalent d’un divorce.

Elle est envisagée comme une protection pour faire le point avec son époux (ou son épouse), afin de chercher ensemble une solution pour sauver, si possible, le couple. Et dans leur recherche, ils peuvent faire appel à un couple pastoral ou à un serviteur de Dieu, qualifié en relations conjugales, ou encore à un médecin.

Mais pendant cette période de séparation, les deux époux chrétiens doivent demeurer sans se marier, c’est-à-dire sans avoir de relations sexuelles avec quelqu’un d’autre, car l’impureté sexuelle ouvre la porte à l’adultère, et l’adultère consommée est mise sur le même plan que la mort d’un des époux. « Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d’un autre homme, elle sera appelée adultère ; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu’elle n’est point adultère en devenant la femme d’un autre ». Romains 7 : 3

– Mais même en cas de chute sexuelle, les époux chrétiens ne sont pas obligés de divorcer (briser le lien conjugal), si la partie innocente consent à pardonner à son conjoint. Car le pardon est une puissance de reconstruction, alors que le divorce est une puissance de destruction et d’opprobre : « celui qui commet un adultère avec une femme est dépourvu de sens, celui qui veut se perdre agit de la sorte ; il n’aura que plaie et ignominie, et son opprobre ne s’effacera point ». Proverbe 6 : 32/33 (voir aussi Deutéronome 24 : 1/5)

La Parole de Dieu encourage donc tous les chrétiens (y compris les couples) à savoir maintenir leur corps (leur personnalité régénérée) dans une parfaite sainteté morale, pour ne pas succomber à une convoitise passionnée, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu. 1 Thessaloniciens 4 : 3/5

b) Les couples mixtes

« Aux autres, ce n’est pas le Seigneur, c’est moi qui dis : Si un frère a une femme non–croyante, et qu’elle consente à habiter avec lui, qu’il ne la répudie point ; et si une femme a un mari non–croyant, et qu’il consente à habiter avec elle, qu’elle ne répudie point son mari. Car le mari non–croyant est sanctifié par la femme, et la femme non–croyante est sanctifiée par le frère ; autrement, vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints ». 1 Corinthiens 7 : 12/14

Nous en arrivons maintenant à un cas particulier qui ne pouvait être traité par le Seigneur Jésus : celui des couples qui étaient unis par le mariage, avant la conversion et dont un seul est devenu chrétien et membre de l’Eglise du Christ.

Certains croyants de l’époque envisageaient de rompre leur union conjugale, pensant que leur relation n’était pas un vrai mariage aux yeux de Dieu et donc une impureté morale.

L’apôtre Paul reçut du Saint-Esprit la révélation pour aider ces couples en plein désarroi

– Il commença par leur dire qu’en acceptant l’Evangile, ils ne devaient rien changer à leur situation présente en se séparant de leur conjoint non-croyant. 1 Corinthiens 7 : 20/21

– Puis il les rassura en précisant que leur relation, au lieu d’être perçue comme impure (ou illégitime), est au contraire parfaitement acceptable aux yeux de Dieu, car la foi du mari (ou de l’épouse) chrétien(ne) place son conjoint et ses enfants dans une position de sainteté, reconnue par le Seigneur Jésus. 1 Corinthiens 7 : 14

– Enfin il expliquera aux couples mixtes que ce qui déterminera la durée de cette sainteté de position pour l’incroyant, c’est leur consentement mutuel à vivre ensemble. L’expression « consentir à demeurer avec lui » dans le grec comporte l’idée de se joindre avec son époux (ou son épouse), pour définir ensemble le nouveau mode de la vie conjugale

Le chrétien, étant lié à son Sauveur par sa foi, demandera à son conjoint non-croyant de respecter son désir de servir son Dieu, en participant aux rencontres de l’Eglise. Si le non-croyant accepte ce nouveau mode de vie, sa position de sainteté devant Dieu sera maintenue intacte. Il sera ainsi placé au bénéfice de la prière de son conjoint. 1 Pierre 3 : 1/6

Mais s’il rejette la proposition de son conjoint et souhaite rompre l’union conjugale, il devra en assumer toute la responsabilité, car c’est lui et non son conjoint chrétien qui demande la rupture du lien conjugal (le divorce).

Dans ce cas là (et seulement dans ce cas-là dit Paul), le chrétien n’est plus assujetti aux liens du mariage. Le verbe lier, (douloo) au passif, peut se comprendre de deux manières.

a) Soit le chrétien n’a plus à chercher à maintenir coûte que coûte une union vouée à l’échec, « car dit Paul que sais-tu, femme si tu sauveras ton mari ? Ou sais-tu, mari si tu sauveras ta femme ? ». 1 Corinthiens 7 : 16

b) Soit le chrétien accepte le départ de son conjoint incroyant et retrouve sa liberté (n’est plus lié ou assujetti en esclavage), et peut donc s’il le désire refaire sa vie, mais dans le Seigneur, c’est-à-dire avec un chrétien. 1 Corinthiens 7 : 15-39

 

EPILOGUE

Ce que nous pouvons dégager de cette étude, c’est qu’en aucune manière la Parole de Dieu ne fait l’apologie du divorce entre vrais chrétiens. Mais, le Seigneur vécut dans un corps d’homme et Il est à même de comprendre les souffrances que peuvent endurer certains couples croyants. Loin d’encourager les couples chrétiens à briser coûte que coûte le lien conjugal (ce qui leur serait préjudiciable), Il leur montre qu’en certaines situations, la séparation est préférable au divorce., et qu’en dernier recours, le divorce est une option envisageable ainsi qu’un nouveau départ dans la vie, c’est-à-dire un nouveau mariage.

Mais dans ce domaine, aucune décision ne doit être prise à la hâte ou sur un coup de tête par les couples en difficulté. Les chrétiens mariés en proie à de terribles souffrances, doivent se placer devant le Seigneur, chercher sa face, sonder les Ecritures et consulter les serviteurs de Dieu, avant d’entreprendre une démarche qui mettra fin à leur union conjugale.

C’est pourquoi les responsables d’églises et les conseillers conjugaux doivent être très prudents, lorsqu’ils parlent aux couples en détresse, afin de ne pas encourager, approuver puis bénir, au nom du Seigneur, un divorce et un remariage qui seraient en contradiction avec les instructions de Jésus et les enseignements apostoliques.

Que le Saint-Esprit vous conduise dans toute la vérité !

 

Pasteur Joël Loubiat

 

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Bibliographie

– La Sainte Bible, version Louis Segond avec les commentaires de John MacArthur

La Bible Online des Éditions Clé avec ses commentaires

– La Bible Annotée (Ancien et Nouveau Testament)

– Le commentaire de la Première Lettre aux Corinthiens de F. Godet

– Le commentaire sur la Lettre aux Romains de F. Godet

– L’encyclopédie des difficultés bibliques de l’A.T. et du N.T. de A. Kuen

– Les dictionnaires grecs de A. Bailly et de V. Magnien – M. Lacroix

– Le Divorce : Les données bibliques de John Murray

– Le Divorce, Impasse ou Dépassement ? de Jacques et Claire Poujol

– Les Conflits de Jacques et Claire Poujol

– Le Bonheur en couple. 2 livres : (Pour lui), (Pour elle) de Lysa Terkeurst