Le danger de l’apostasie

 

Hébreux 10 : 37/39

« Encore un peu, un peu de temps : celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. Et mon juste vivra par la foi ; mais, s’il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui. Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme »

Nous abordons aujourd’hui un thème assez méconnu, celui de l’apostasie. Pour beaucoup de chrétiens, l’apostasie est la marque des incroyants. Mais ce n’est pas tout à fait exact, car en grec, ce mot était employé pour décrire deux attitudes particulières :

« Une révolte (contre Dieu) et une défection de la foi religieuse »

Ces deux attitudes sont clairement décrites dans notre texte de référence, où l’apostasie concerne aussi bien les croyants (les justes qui attristent Dieu), que les non-croyants (ceux qui se retirent pour se perdre).

 

L’apostasie en tant que révolte contre Dieu

a) Cette première forme d’apostasie eut lieu dans le ciel, lorsque Satan et un tiers des anges se révoltèrent contre Dieu. Esaïe 14 : 12/15 Ezéchiel 28 :11/19 Apocalypse 12 : 3/4

b) Puis un nouvel acte d’apostasie, tout aussi coupable, se produisit dans le paradis terrestre (le jardin d’Eden), quand le premier couple humain se révolta contre la Parole de Dieu vous ne mangerez pas des fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal »), pour adhérer à une autre parole, celle de Satan vous ne mourrez pas, mais vous serez comme Dieu »). Genèse 3 : 1/6

c) Les personnes, qui, dans notre texte de référence se retirent pour se perdre, ne sont pas d’authentiques chrétiens (des êtres nés de nouveau), mais des êtres rebelles à la Parole de Dieu, comme les nombreux faux docteurs, faux prophètes, faux disciples, faux frères, si souvent décriés dans les évangiles et les lettres apostoliques. Matthieu 7 : 13 Romains 9 : 22 Philippiens 1 : 28 3 : 19 Tite 1 : 6/9 Hébreux 6 : 4/8 10 : 26/31

d) Dans la parabole des terrains, Jésus parle d’un seul cœur capable de porter des fruits spirituels, alors que les trois autres, se rebellent contre la Parole de Dieu, empêchant ainsi la semence de la Parole de vie d’éclore dans l’âme. Luc 8 : 13/14

e) L’apôtre Jean parlera aussi dans son évangile, de faux croyants qui se révoltèrent et quittèrent le Seigneur, ne pouvant supporter cette Parole : « si quelqu’un ne mange ma chair et ne boit mon sang, il n’a pas la vie en lui-même ». Un peu plus loin, nous trouvons un autre groupe de faux disciples, qui, eux aussi, se détournèrent de Jésus après avoir entendu une Parole semblable : « vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira ». Jean 6 : 53/66 8 : 30/44

f) Certains membres du parti des pharisiens qui avaient cru en Jésus, furent également rebelles à sa Parole, puisqu’ils se retirèrent de lui, préférant la gloire des hommes, plutôt que la Gloire de Dieu. Jean 12 : 42/43

g) Et enfin, l’apostasie en tant que révolte contre Dieu atteindra son apogée, le jour où tous les peuples de la terre détourneront l’oreille de la vérité, pour adhérer aux mensonges de l’Antéchrist. Philippiens 3 : 17/19 2 Thessaloniciens 1 : 6/10 2 : 3

 

L’apostasie en tant que défection

Mais, l’apostasie prend une tout autre forme quand il s’agit des authentiques croyants, car c’est la notion « d’abandon de la foi religieuse » qui prédomine. En effet à l’origine, le mot « apostasie » servait aussi à dépeindre ceux qui renonçaient à leur engagement (à leur allégeance) envers un parti, qu’il soit militaire, politique ou religieux. Mais il ne s’agit pas de l’abandon de la foi qui sauve, mais de la foi doctrinale.

Ainsi, les chrétiens en proie à diverses souffrances (maladies, dépression, épreuves, persécutions) peuvent-ils, sous la pression des difficultés, renoncer aux vérités divines qu’ils avaient autrefois professées à leur baptême. C’est ainsi qu’Alexandre et Hyménée avaient fait naufrage par rapport à la foi doctrinale. D’après certains commentateurs, ces deux croyants avaient abandonné leur confiance dans la vérité – vérité qu’ils avaient autrefois professée -, pour enseigner leurs propres doctrines hérétiques. L’une d’entre elle prônait la liberté de pécher, afin que la grâce divine surabonde dans la vie des croyants.

Un peu plus loin, nous voyons Hyménée, associé à Philète, prêchant une autre hérésie pernicieuse qui dit que la résurrection des morts (vraisemblablement la première résurrection) avait déjà eu lieu, renversant ainsi la foi de plusieurs croyants. 1 Timothée 1 : 18/20 2 Timothée 2 : 17/18 4 : 14

Il n’est donc pas étonnant que l’apôtre Paul ait pris des mesures exemplaires, pour ramener, si possible, de tels croyants dans la saine doctrine. L’expression « livré à Satan » était à l’époque une action disciplinaire qui consistait à exclure, pour un temps, les apostates de la communion fraternelle, de la bénédiction de la cène et des prières protectrices de l’église locale, en les renvoyant dans le monde où règne Satan.

Mais une telle discipline était loin d’être injuste, arbitraire ou intolérante. Non ! Elle était au contraire un acte émanant du pur amour « agapé », car son but était non de détruire les personnes, mais de corriger leurs erreurs doctrinales et de produire en elles une repentance sincère, condition de leur réintégration dans l’église locale. 2 Corinthiens 2 : 5/11

En fait, la discipline évangélique n’a aucune raison d’être là où les chrétiens demeurent attachés à la foi doctrinale. Mais s’ils s’en éloignent, alors, les armes de l’amour doivent être utilisées à bon escient chez tous ceux (et celles) qui, tout en se nommant frères (ou sœurs), sont d’une manière habituelle :

impudiques (qui se complaisent dans des relations sexuelles illicites) , cupides (qui sont avides de gain pour profiter de leurs avantages sur les autres), idolâtres (qui offrent un culte à des images, des reliques ou des statues), outrageux (ceux dont le langage est injurieux, violent et grossier), ivrognes (ceux qui sont intempérants par rapport à l’alcool); ravisseurs (ceux qui extorquent et volent les autres) ou encore procéduriers, paresseux, diviseurs, sectaires. Romains 16 : 17 1 Corinthiens 5 : 1/5 9/13 6 : 6 2 Thessaloniciens 3 : 6 2 Jean 1 : 10

Ce pouvoir disciplinaire de « lier et délier » était bien connu des juifs de l’époque et consistait à interdire ou à autoriser ce qui est conforme ou non à la Sainte volonté divine. Si nos églises contemporaines savaient utiliser ce pouvoir disciplinaire, comme Jésus et les apôtres l’ont fait, elles verraient certainement plus de chrétiens apostates être convaincus de leurs erreurs et revenir ainsi au Seigneur. Matthieu 18 : 15/20 2 Corinthiens 2 : 5/7

L’apostasie dans l’Ancien Testament

Le livre de l’Ecclésiaste déclare qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et, ce qui s’est fait hier se refera demain.

Les chrétiens du vingt et unième siècle doivent donc apprendre les leçons de l’histoire d’Israël, car l’apostasie religieuse a toujours été une menace pour le peuple de Dieu.

Le livre des Juges est certainement l’ouvrage de l’Ancien Testament qui nous apporte un éclairage sur ce qu’est l’apostasie au sein du peuple croyant. A cette époque, dés qu’un juge mourait, les enfants d’Israël faisaient naufrage par rapport à la foi, en « abandonnant l’Eternel leur Dieu et sa loi ».

Dans les chapitres 17 à 21 des Juges, il est parlé de certains Israélites qui avaient « abandonné le culte de l’Eternel », c’est-à-dire la foi dans le sacerdoce lévitique, pour créer leur propre culte idolâtre et instituer leurs propres sacrificateurs (ou prêtres).

La discipline divine consista à livrer Israël entre les mains de leurs ennemis, non pour le détruire, mais pour le ramener à son Dieu. C’était vraisemblablement pour prévenir Israël du danger de l’apostasie que Dieu avait institué le ministère prophétique. Deutéronome 27 et 28

 

L’apostasie dans le Nouveau Testament

Nous allons maintenant analyser quelques attitudes susceptibles de conduire les chrétiens dans l’apostasie religieuse, à l’exemple de Démas qui abandonna l’apôtre Paul, par amour pour le siècle présent. 2 Timothée 4 : 10

 

1) Une spiritualité déséquilibrée est une semence d’apostasie

« Mais l’Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons, par l’hypocrisie de faux docteurs portant la marque de la flétrissure dans leur propre conscience, prescrivant de ne pas se marier, et de s’abstenir d’aliments que Dieu a créés pour qu’ils soient pris avec actions de grâces par ceux qui sont fidèles et qui ont connu la vérité » 1 Timothée 4 : 1/5

Il n’y a rien de mal à vouloir rester célibataire, ou à ne pas manger certains aliments pour se maintenir en forme. Ce qui favorise le « naufrage de la foi » (l’apostasie), c’est de déclarer présomptueusement que ceux et celles qui choisissent le célibat, ou l’ascétisme alimentaire, atteindront une plus grande spiritualité ou hériteront d’une position céleste supérieure.

Cette théologie-là n’est pas celle du Saint-Esprit, mais appartient au royaume des démons.

Aujourd’hui, plusieurs églises contemporaines revendiquant leur appartenance au christianisme, ont fait naufrage par rapport à la foi doctrinale. Elles ont abandonné leur allégeance à la Parole de Dieu (La Bible), pour adhérer à une autre théologie d’inspiration diabolique.

Souvenons-nous de l’église de Rome qui, au début de l’ère chrétienne, fut citée en exemple pour sa foi dans la vérité. Mais aujourd’hui, après plus de vingt siècles, qui peut affirmer que Rome a gardé la foi doctrinale apostolique qu’elle avait autrefois professée ? Romains 1 : 8

– N’en est-il pas de même pour la plupart des églises protestantes, issues de la Réforme ? Combien professent encore leur allégeance au renouveau doctrinal défini par Luther, Calvin et tous les réformateurs ?

– Et que penser de toutes les églises évangéliques contemporaines qui adhèrent à une foule d’enseignements dont ni les prophètes, ni Jésus, ni les apôtres n’ont parlé, comme le syncrétisme religieux (le faux œcuménisme), le respect du sabbat juif, les diverses sciences métaphysiques de la pensée (confession ou visualisation positive…), l’exorcisme des authentiques chrétiens, le nouveau combat spirituel contre les esprits territoriaux, la prospérité et la santé incluse dans la rédemption du Christ…)

L’adhésion à une théologie déformée et extrabiblique est aussi dangereuse que la théorie appelée « gap-theory », acceptée par de nombreux érudits. Les partisans de cette théologie affirment que la terre devint informe et vide à la suite de la chute de Satan, ayant entraîné le chaos de toute la création de Dieu (le tohu-bohu). Genèse 1 : 1/2

Pour les adeptes de cette théorie, les paroles que Dieu prononça en six jours, ne sont point des paroles créatrices, mais des paroles réparatrices. Mais aucun texte biblique ne vient justifier cette théorie. Or, toute doctrine qui ne peut se justifier par la révélation divine, contenue dans l’Ancien Testament ou le Nouveau Testament, est non seulement suspecte, mais peut conduire les croyants dans l’apostasie religieuse (l’abandon de la foi doctrinale), ouvrant ainsi leurs esprits à la séduction de l’Ange de Lumière. « Toutefois, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard de Christ. Car, si quelqu’un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Evangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien » . 2 Corinthiens 11 : 1/4

 

2) Une mauvaise compréhension de la vie par la foi est une semence d’apostasie

« Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle » 1 Timothée 5 : 8

Pour Dieu, le travail n’est pas seulement pour l’homme une activité précieuse, mais un moyen de pourvoir à tous ses besoins (personnels et familiaux). Or depuis quelques années, « vivre par la foi » est devenu pour certains, synonyme de « vivre sans exercer un travail séculier »

En adhérant à cette fausse théologie, plusieurs croyants se sont éloignés de la foi doctrinale qu’ils avaient autrefois professée à leur baptême, pour vivre aux crochets de l’Etat, d’une église, d’une œuvre ou de personnes financièrement aisées.

Judson Cornwall a déclaré dans son livre « La foi sans hypocrisie » que dans notre monde moderne, le paresseux peut faire carrière à ne rien faire, en comptant sur la société pour qu’elle pourvoie à ses besoins. C’est pourquoi la Bible nous demande d’être les imitateurs des héros de la foi.

– Regardez Jésus, notre Suprême Modèle, n’a-t-il pas été un artisan charpentier pendant de longues années, pourvoyant ainsi aux besoins de Marie et de ses six frères et sœurs ? Ce n’est que lorsque Dieu l’appela à exercer son œuvre messianique qu’il mit un terme à son activité professionnelle. Mais, même dans l’exercice de son ministère, Jésus, n’a jamais mendié son pain, ni vécu aux crochets des autres.

– L’apôtre Paul, lui aussi, ne vivait pas aux crochets des églises qu’ils fondaient (bien qu’il en eût légitimement le droit) ; mais, il pourvoyait à ses propres besoins et même à ceux de ses compagnons de service, en construisant des tentes. « Vous savez vous-mêmes comment il faut nous imiter, car nous n’avons pas vécu parmi vous dans le désordre. Nous n’avons mangé gratuitement le pain de personne ; mais, dans le travail et dans la peine, nous avons été nuit et jour à l’œuvre, pour n’être à charge à aucun de vous. Ce n’est pas que nous n’en eussions le droit, mais nous avons voulu vous donner en nous-mêmes un modèle à imiter » 2 Thessaloniciens 3 : 7/9

– Les chrétiens sont donc appelés à travailler de leurs propres mains, afin de pourvoir à leurs besoins, car en abandonnant ce principe divin, ils font naufrage par rapport à la foi doctrinale, en vivant dans le désordre. « Car, lorsque nous étions chez vous, nous vous disions expressément : Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Nous apprenons, cependant, qu’il y en a parmi vous quelques-uns qui vivent dans le désordre, qui ne travaillent pas, mais qui s’occupent de futilités. Nous invitons ces gens-là, et nous les exhortons par le Seigneur Jésus-Christ, à manger leur propre pain, en travaillant paisiblement »

« Vivre dans le désordre » signifie littéralement : se soustraire à son devoir, d’où quitter sa place dans le rang assigné par Dieu. 2 Thessaloniciens 3 : 10/12

– Les chefs de famille ont donc aussi le devoir devant Dieu et devant l’Etat, de nourrir leur épouse et leurs enfants, car en sortant de ce rang assigné par le Seigneur, ils renient la foi doctrinale et peuvent devenir pires que des infidèles (les non-croyants). Proverbes 10 : 4/5

 

3) Le compromis sexuel est une semence d’apostasie

« Mais refuse les jeunes veuves ; car, lorsque la volupté les détache du Christ, elles veulent se marier et se rendent coupables en ce qu’elles violent leur premier engagement » 1 Timothée 5 : 11/12

Ce passage ne peut se comprendre que d’après le contexte cultuel de l’époque. En effet, les jeunes veuves, pour s’inscrire sur la liste d’entraide, devaient s’engager par serment à servir l’église, le restant de leur vie. Mais par séduction diabolique, plusieurs veuves laissaient leurs pulsions sexuelles s’imposer à leur âme, annulant ainsi leur premier engagement (littéralement : leur foi envers Christ). Il est possible que, pour conserver leur droit à l’entraide fraternelle, certaines succombaient à l’impureté, en ayant des relations sexuelles extraconjugales (hors mariage).

Si les églises contemporaines acceptent en leur sein toutes sortes d’impuretés morales, comme le divorce et le remariage (en dehors des motifs bibliques), l’union libre, l’union homosexuelle…, elles font naufrage, par rapport à la foi doctrinale et deviennent des églises « apostates ».

Le compromis sexuel est donc contraire à l’éthique de la Parole de Dieu, étant incompatible avec l’authentique christianisme biblique.

 

4) L’oisiveté est une semence d’apostasie

« Avec cela, étant oisives, elles apprennent à aller de maison en maison ; et non seulement elles sont oisives, mais encore causeuses et intrigantes, disant ce qu’il ne faut pas dire. Je veux donc que les jeunes se marient, qu’elles aient des enfants, qu’elles dirigent leur maison, qu’elles ne donnent à l’adversaire aucune occasion de médire ; car déjà, quelques-unes se sont détournées pour suivre Satan ». 1 Timothée 5 : 13/15

Avez-vous remarqué en quoi consistait l’apostasie de ces femmes ? Paul ne fait référence ni à l’idolâtrie, ni à l’occultisme, ni à la sorcellerie, ni à la magie (blanche ou noire). Non !

Il parle de certaines chrétiennes seules, par veuvage, séparation ou divorce qui se détournaient de la foi doctrinale, pour pratiquer des œuvres démoniaques, comme « les vains bavardages, les médisances, les calomnies, les intrigues et l’ingérence dans les affaires d’autrui ».

Jacques n’a-t-il pas déclaré que la langue non maîtrisée par l’Esprit de Dieu est pleine d’un venin mortel, souillant tout le corps et enflammant le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la géhenne (par l’enfer) ? Jacques 3 : 1/13

Si donc l’oisiveté ouvre la porte à l’apostasie doctrinale, son antidote consiste à se fixer des buts dans la vie. C’est pourquoi, Paul dira aux jeunes femmes de se marier, d’avoir des enfantset de bien tenir leur maison. Il donnera ce même conseil (se fixer des buts) aux femmes âgées : « Dis que les femmes âgées doivent aussi avoir l’extérieur qui convient à la sainteté, n’être ni médisantes, ni adonnées au vin ; qu’elles doivent donner de bonnes instructions, dans le but d’apprendre aux jeunes femmes à aimer leurs maris et leurs enfants, à être retenues, chastes, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises à leurs maris, afin que la Parole de Dieu ne soit pas blasphémée ». Tite 2 : 3/5

 

5) L’amour de l’argent est aussi une semence d’apostasie

« Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments ». 1 Timothée 6 : 10

Notez bien que ce n’est pas l’argent qui pousse les chrétiens à abandonner la foi doctrinale, mais l’amour de l’argent (ou l’avarice). Les biens matériels ou financiers sont des cadeaux divins que Dieu veut accorder à son peuple. Deutéronome 8 : 12/18

Mais ce qui compte aux yeux du Seigneur, ce n’est pas la grosseur de notre patrimoine, ni de notre portefeuille financier, mais la manière dont nous allons nous acquitter, ici bas, de la gérance de nos biens. Si nous sommes infidèles dans les petites choses, comme la gérance de nos revenus financiers (salaire, pension, retraite, héritage….) confiés par le Seigneur, nous démontrons par là notre incapacité à gérer, dés maintenant, les biens spirituels, et plus tard, les biens supérieurs du royaume céleste. Luc 16 : 1/13

C’est pourquoi certains messages évangéliques sont nuisibles à la foi, ouvrant la porte à l’apostasie religieuse.

Ces dernières années, plusieurs prédicateurs, s’appuyant sur la prospérité des patriarches de l’Ancien Testament, n’ont pas hésité à déclarer que Dieu voulait que tous les chrétiens de la Nouvelle Alliance fussent riches, prospères et en bonne santé. Bien qu’un tel message soit agréable à entendre, il n’est pas conforme aux enseignements apostoliques.

La question que ne se posent pas les adeptes de l’évangile de la prospérité est de savoir si cet évangile est universel et s’il peut être annoncé dans les pays où règnent la misère, la pauvreté et la précarité ?

Si la réponse à cette question est un non catégorique, alors nous devrions nous garder d’adhérer à un tel message, car la foi spirituelle n’est pas un moyen d’enrichissement personnel, mais de dépendance envers Dieu. Hébreux 11

Si les chrétiens utilisent correctement les moyens financiers que Dieu leur a confiés, ceux-ci deviendront pour eux une bénédiction. Mais, s’ils les utilisent mal et à des fins égoïstes et cupides, l’argent deviendra pour eux un mauvais maître (Mamon) qui les conduira dans de terribles tourments. Le mot « tourments », en grec (odune), englobe « toutes les douleurs morales comme les peines, les chagrins, les souffrances et les drames ». Quand le diable ne peut tromper les enfants de Dieu par l’orgueil, la sexualité, l’oisiveté ou les fausses doctrines, il cherchera à les détourner de leur Dieu par l’attrait du matérialisme. Et pour parvenir à ses fins, notre ennemi possède de puissants moyens.

Qui n’a pas été harcelé par les nombreuses sociétés de crédit, proposant des sommes folles, uniquement pour satisfaire des plaisirs ou de nouveaux besoins ? Mais derrière ces alléchantes propositions de crédits, se cache un but diabolique inavoué : « celui de plonger les gens dans les dettes, le malheur et la ruine ». N’oublions jamais que l’avarice a été la cause du suicide de Judas. Ainsi, l’amour de l’argent peut conduire de nombreux foyers chrétiens dans la ruine, la misère et dans beaucoup de tourments moraux.

 

6) L’intellectualisme est aussi une semence d’apostasie

« Ô Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de la fausse science dont font profession quelques-uns, qui se sont ainsi détournés de la foi ». 1 Timothée 6 : 20/21

Les facultés intellectuelles sont une bonne chose, car l’homme est fait à l’image de Dieu. Par elles nous pensons, analysons, contrôlons, discernons et réfléchissons sur les êtres et les choses. Mais l’intelligence n’est qu’un outil qui doit coopérer avec les autres facultés de l’âme, comme les émotions et la volonté « mais grâces soient rendues à Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de cœur à la règle de doctrine dans laquelle vous avez été instruits » Romains 6 : 17

Quand les facultés cognitives de l’homme tombent dans l’intellectualisme, elles l’éloignent de la foi doctrinale, laissant la philosophie devenir l’aliment principal de l’âme humaine. Alors naissent de vaines controverses, des discours fallacieux et toutes sortes de théories sur le monde, sur Dieu ou sur les moyens de réussir sa vie. Je suis persuadé que l’abandon de la foi doctrinale est à la base des idéologies politiques et religieuses de notre époque moderne.

L’intellectualisme peut aussi déboucher sur un ésotérisme détestable, ou le savoir n’est réservé qu’à des initiés (des élites), comme c’est le cas dans la franc-maçonnerie, dans la scientologie et dans de nombreuses sectes. « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les rudiments du monde, et non sur Christ ». Colossiens 2 : 8 Romains 16 : 17 Hébreux 13 : 9

 

 

EPILOGUE

Nous arrivons au terme de notre étude sur l’apostasie religieuse ou plus exactement sur « l’abandon de la foi doctrinale ». Nous ne pouvons pas nous séparer, sans parler des remèdes bibliques, capables d’éviter aux églises, aux pasteurs et aux chrétiens de « faire naufrage par rapport à la foi doctrinale ». Voici donc trois remèdes capables de faire barrage à l’apostasie religieuse.

 

1) Détruire l’esprit fataliste

« Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. Car il s’est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis longtemps, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître et Seigneur Jésus-Christ » Jude 3/4

L’apostasie religieuse pénètre au sein des églises locales, quand ces dernières abandonnent le bon combat de la foi, ne défendant plus l’éthique biblique, sous prétexte que la déchéance morale de l’humanité est programmée et que l’on ne peut rien y faire. Cette manière de voir les choses relève de l’esprit « fataliste », ce qui est contraire à la foi vivante.

Souvenons nous de Luther, de Calvin et de tous les autres réformateurs qui défendirent, au péril de leur vie, les doctrines transmises par les apôtres, une fois pour toutes et pour toujours, rendant ainsi à l’Eglise du Christ, ses lettres de noblesse. Ayant rejeté « l’esprit fataliste », ils ont permis à l’humanité de connaître des jours meilleurs.

L’Eglise contemporaine devrait agir comme Jérémie l’avait ordonné aux déportés juifs à Babylone :

« Ainsi parle l’Eternel des armées, le Dieu d’Israël, à tous les captifs que j’ai emmenés de Jérusalem à Babylone : Bâtissez des maisons, et habitez-les, plantez des jardins, et mangez-en les fruits. Prenez des femmes, et engendrez des fils et des filles, prenez des femmes pour vos fils, et donnez des maris à vos filles, afin qu’elles enfantent des fils et des filles ; multipliez là où vous êtes, et ne diminuez pas.

Recherchez le bien de la ville où je vous ai menés en captivité, et priez l’Eternel en sa faveur, parce que votre bonheur dépend du sien. Car ainsi parle l’Eternel des armées, le Dieu d’Israël : Ne vous laissez pas tromper par vos prophètes qui sont au milieu de vous, et par vos devins, n’écoutez pas vos songeurs dont vous provoquez les songes ! Car c’est le mensonge qu’ils vous prophétisent en mon nom. Je ne les ai point envoyés, dit l’Eternel » Jérémie 29 : 4/9

Etant le Sel et la Lumière du monde, l’Eglise a le devoir de faire entendre sa voix dans tous les domaines (politique, scientifique, économique, éthique, philosophique, religieux…), mais elle doit le faire en respectant les règles de la foi doctrinale, c’est-à-dire, en se soumettant et en respectant les autorités en place, même si pour cela, elle doit être incomprise, bafouée, humiliée, voire persécutée. Romains 13 : 5

 

2) Veiller sur notre cœur

« Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un cœur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant ». Hébreux 3 : 12

Nous savons que le cœur de l’homme est mauvais par-dessous tout et que seul Dieu peut le transformer par son Esprit. Mais un cœur incrédule, chez un chrétien, est vraiment quelque chose de détestable, car il se manifeste par une méfiance (ou défiance), en ce qui concerne certaines vérités bibliques, transmises par les apôtres. C’est ainsi que certains croyants n’adhèrent pas aux enseignements de l’apôtre Paul, le considérant comme un être rigide, intolérant et surtout misogyne ? Nous ne sommes pas « Pauliniens », disent-ils avec arrogance.

Ainsi, chaque fois que les chrétiens font un tri parmi les ministères apostoliques (« moi je suis de »), ils courent le risque de se détourner du Dieu vivant (d’apostasier), car la vérité divine qui fut transmise aux apôtres de Jésus est unique et ne peut donc être fractionnée.

Les chrétiens sont donc invités à s’examiner eux-mêmes, pour savoir s’ils sont toujours attachés à toute la foi doctrinale. 2 Corinthiens 13 : 5/6

 

3) Prier sans se lasser

« Jésus leur adressa une parabole, pour montrer qu’il faut toujours prier, et ne point se relâcher… Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? ». Luc 18 : 1/8

Nous connaissons tous cette parabole de la veuve et du juge inique. Mais pour en saisir pleinement le sens, nous devons tenir compte des versets précédents qui font référence à la vigilance de l’Eglise, avant le retour en Gloire du Seigneur Jésus Christ. Dans les temps difficiles qui précéderont la venue du Seigneur, l’Eglise ressemblera à une veuve en lutte contre un juge inique, représentant le système diabolique en place à ce moment-là. La victoire de l’Eglise/veuve reposera sur deux facteurs. Sa foi dans les promesses de son Dieu, et sa prière incessante pour obtenir justice, par son rapide enlèvement dans la Gloire éternelle.

C’est pourquoi l’Eglise doit prier sans se lasser, c’est à dire « prier jusqu’au bout », malgré les obstacles, les difficultés, les épreuves, les souffrances ou les persécutions.

Reuben A. Torrey, dans son livre « La prière » dit que la prière qui ne se lasse pas et ne se relâche pas, peut être comparée au forage d’un tunnel. Pour perforer de part en part une montagne, il faut beaucoup de temps (parfois des années). Mais si les ouvriers qui forent ce tunnel, ne se découragent pas, le jour viendra où la lumière apparaîtra de l’autre côté de la montagne.

Il en est ainsi de la prière que l’Eglise/veuve doit mener ici bas, car si notre Dieu entend et exauce la prière, il faut parfois persévérer des jours, des semaines, des mois et même des années, pour voir l’exaucement nous parvenir, comme nous le révèle le livre de Daniel : « Lorsque tu as commencé à prier, la parole est sortie, et je viens pour te l’annoncer… ». « …Le chef du royaume de Perse m’a résisté vingt et un jours ; mais voici, Michaël, l’un des principaux chefs, est venu à mon secours, et je suis demeuré là auprès des rois de Perse ». Daniel 9 : 23 10 : 12/13

Ainsi, l’apostasie religieuse (le reniement de notre allégeance à la foi doctrinale) est un péché qui attriste l’Esprit de la grâce. Faisons, donc, tout notre possible pour ne pas ouvrir la porte de notre âme à ce terrible fléau. Et si par ignorance, tromperie, séduction ou inadvertance, nous sommes devenus « apostates », nous pouvons toujours nous ressaisir et revenir auprès de notre Dieu qui ne se lasse pas de pardonner les fautes confessées.

Puis, affirmons à nouveau notre allégeance à la foi doctrinale et combattons désormais, avec courage, pour défendre coûte que coûte cette foi, transmise aux saints, une fois pour toutes et pour toujours. Et pour ne pas rechuter, faisons nôtre, la confession du Psalmiste : « Je serre ta Parole sur mon cœur, afin de ne pas pécher contre toi ». Psaume 119 : 11

 

Que le Saint-Esprit vous bénisse tous !

 

 

Pasteur Joël Loubiat

 

© Tous droits réservés

 

Bibliographie :

– La Sainte Bible avec les commentaires de John Mac-Arthur

– Les dictionnaires grecs de A. Bailly et de V. Magnien-M. Lacroix

– L’encyclopédie des difficultés bibliques dAlfred Kuen

Le labyrinthe des origines d’Alfred Kuen

– Le commentaire sur la première lettre aux Corinthiens de F. Godet

– L’évangile de Jean de F. Godet

– La foi sans hypocrisie de Judson Cornwall

– La prière de Reuben A. Torrey